Foire aux questions

Le projet de notre école ne vous laisse pas indifférent…
Et il suscite peut-être des questions, des réactions.
N’hésitez pas à nous écrire pour que nous puissions compléter cette page.
Vous pouvez aussi venir nous rencontrer et poser vos questions lors de la prochaine matinée « portes ouvertes ».


C’est une école Montessori, Freinet… ? Quelle est votre pédagogie ?

Nous nous inspirons de la réflexion, des méthodes et outils de différents courants pédagogiques. Mais pour nous, ce qui est fondamental est de nous positionner dans l’accompagnement des élans, des projets de l’enfant, et non comme des spécialistes d’une discipline ou d’une pédagogie.

Nous avons confiance que chaque enfant a en lui les ressources qui lui permettent de prendre la responsabilité de son éducation. Laissons-le s’en servir !
En nous fondant sur les travaux du psychologue Carl Rogers, nous nous engageons à offrir un environnement propice à l’éclosion et au plein développement des potentiels de chacun-e.

Le fonctionnement au quotidien est basé sur l’expérience des écoles démocratiques : elles ont démontré qu’il est possible pour des enfants et adolescents d’apprendre tout ce qui peut être nécessaire dans notre culture, et ensuite de réussir le projet professionnel de leur choix :

  • en les laissant libre de faire et d’apprendre ce qu’ils veulent, quand, comment et avec qui ils le veulent ; les adultes jouant un rôle de facilitateurs ;
  • en décidant des règles et de l’ensemble des sujets touchant à l’organisation collective de la vie à l’école dans le cadre d’une assemblée où tous ont les mêmes droits.

Nous sommes la première école de ce type en France, et nous faisons partie du réseau qui les regroupe au niveau européen, EUDEC.

Combien d’enfants pouvez-vous accueillir ? De quel âge ?

Nous accueillons des étudiant-e-s âgés de 4 à 19 ans, de la Maternelle au Lycée. Ils peuvent préparer les examens du Brevet et du Bac si c’est leur projet.

Nos locaux permettent d’accueillir environ 25 jeunes. Ils ne sont pas groupés par classe d’âge et sont libres d’interagir les uns avec les autres, ce qui est source d’émulation.

Notre école est ouverte sur le monde. Il est possible d’entreprendre des activités à l’extérieur de nos locaux, de faire des stages en entreprise, selon les projets des étudiant-e-s.

Mais vous ne devez pas suivre les programmes de l’Éducation Nationale ?

Non, en tant qu’école privée hors contrat, nous ne sommes tenus qu’à respecter le droit de l’enfant à l’instruction. Cela se traduit par le fait de mettre à disposition de l’enfant un environnement qui lui permette de s’acheminer vers la maîtrise, à 16 ans, du « socle commun de connaissances et de compétences », défini par la loi.

Êtes-vous une école pour les enfants en échec scolaire ? Peuvent-ils retourner ensuite dans le système d’enseignement classique ?

Pour nous, l’échec scolaire n’est pas un échec du jeune, c’est un échec de l’école à répondre à ses besoins.

Nous sommes une école ouverte à la diversité des enfants et adolescents. Les motivations de chacun-e sont différentes.

Dans une école démocratique, les étudiant-e-s acquièrent de l’autonomie, une capacité d’adaptation ; ils apprennent par eux-mêmes, pour le plaisir ; n’ayant pas la peur de se tromper, ils n’hésitent pas à demander de l’aide. Si c’est nécessaire de changer d’établissement, il ne sera pas difficile pour eux de s’insérer dans la classe correspondant à leur âge. Nous l’avons observé pour des jeunes ayant suivi pendant plusieurs années une instruction en famille, sans avoir formellement suivi le programme scolaire, et qui ont fait le choix ultérieurement de retourner dans un collège ou un lycée.

Quelle vie après l’école ?

Transition entre la vie en famille et l’autonomie, l’école permet une préparation progressive à la vie adulte. Le climat de liberté et de sécurité instauré ainsi que des opportunités d’activités très diverses permettent aux étudiant-e-s de développer leur potentiel personnel de manière optimale et de trouver  »naturellement » leur place dans le monde à l’issue de leur scolarité à l’École de la Croisée des Chemins, qu’ils choisissent de poursuivre leurs études ou de se lancer dans la vie active.

Pourquoi ? Parce que :

  • faire des choix,
  • mener des projets,
  • négocier pour obtenir ce dont ils ont besoin,
  • laisser les autres exister et mener leurs propres projets à leur manière,
  • collaborer avec des personnes de tous les âges,
  • avoir une connaissance approfondie de soi et des processus relationnels,
  • connaître les règles du jeu social et leurs processus d’actualisation,
  • apprendre, s’ajuster, s’adapter, aller de l’avant…

C’est ce dont les étudiant-e-s font l’expérience quotidiennement, du matin jusqu’au soir, pendant toute la durée de leurs études primaires et secondaires à l’École de la Croisée des Chemins.

Témoignage
Nous avons accueilli pendant l’année 2013-2014 deux jeunes volontaires qui avaient fini leurs études secondaires dans des écoles démocratiques, Dalia en Allemagne et William au Danemark. Ils ont participé à la création de notre établissement en apportant leur expérience acquise en tant qu’élèves ayant bénéficié de cet environnement d’apprentissage sans contrainte. Nous avons eu de leurs nouvelles au printemps 2015 : ils nous remercient  pour le séjour très enrichissant au sein de l’association, et partagent ce qu’ils font aujourd’hui :

« Dalia fait ses études de communication graphique et elle adore ! C’est dur mais elle apprend énormément et elle est passionnée ! Elle a aussi trouvé un boulot dans un magasin de vêtements pour qu’elle puisse payer ses études. »

« William fait ses études de sciences politiques et il pleurniche tout le temps ! Il trouve cela très dur et frustrant parce qu’il y a tant de choses qu’il ne comprend pas. Mais il sait aussi que cela fait partie d’étudier à la fac, et tous ses camarades vivent la même chose. Cependant, il trouve ce qu’il étudie très intéressant pour la plupart. »

Et les diplômes ?
Les étudiant-e-s qui font le choix de passer les examens du DNB (Diplôme National du Brevet) ou du Baccalauréat sont – bien évidemment – accompagnés en ce sens. Cela fait partie du projet du jeune, et a donc un sens pour lui. Les facilitateurs mettent en place avec lui un plan de préparation en définissant l’aide dont il a besoin, les supports et outils adaptés à sa manière d’apprendre.

J’aimerais que tous les enfants puissent bénéficier d’une pédagogie différente, plus respectueuse de leur rythme et de leur personnalité. Mais une école privée n’est pas accessible à tous financièrement.

Nous aussi, nous aspirons à ce que tous les enfants puissent trouver dans leur environnement proche une école qui leur convienne vraiment, quels que soient les revenus de leurs parents. C’est une responsabilité de la société toute entière. En tant que citoyens, nous pouvons nous mobiliser dans ce sens. Par exemple en signant l’Appel pour pouvoir choisir une alternative à l’école traditionnelle dans l’école publique ou en soutenant des organisations comme le Printemps de l’éducation. De nombreux enseignants s’efforcent aussi de faire évoluer les choses, mais ils reçoivent peu de soutien de l’institution, quand ce n’est pas de l’hostilité.

Aujourd’hui, il n’y a que 2 solutions pour offrir à un enfant un autre environnement d’apprentissage que celui des écoles publiques ou privées sous contrat avec l’État (entre 6 et 16 ans, période d’instruction obligatoire) :

  • l’instruction en famille, ce qui requiert une grande disponibilité des parents,
  • la création d’une école privée hors contrat.

Dans les deux cas, cette liberté a un coût. D’autres pays d’Europe ont une réglementation plus restrictive. Nous avons décidé d’aller aussi loin que la loi nous le permettait, sans attendre.

Nous ne prétendons pas que notre école soit le modèle à suivre, ni qu’elle puisse convenir aux besoins de tous. Il n’y aurait aucun sens à contraindre un jeune à fréquenter une école démocratique (ni d’ailleurs de contraindre un enseignant d’y travailler).

Mais pour avoir le choix, quels que soient les revenus de la famille, encore faut-il que des écoles démocratiques existent en France ! Le concept avait pourtant été diffusé au début des années 1970 dans le livre de A.S. Neil « Libres enfants de Summerhill », devenu un best-seller. Pourquoi cela n’a-t-il pas suscité la création d’écoles ? Certes, il y a des difficultés financières, malgré tout il existe bien des écoles hors contrat inspirées de Montessori ou de Steiner.

Une autre explication, c’est qu’il a été difficile pour les adultes ayant été scolarisés, de remettre en cause aussi profondément les croyances établies, tant pour les parents que pour les enseignants. Le désarroi de plus en plus répandu dans la société française envers l’Éducation Nationale incite aujourd’hui à la recherche de nouvelles voies. Certains se reconnaissent dans notre projet comme une évidence. Toutefois, lors de nos journées portes ouvertes, plusieurs visiteurs ont témoigné que la découverte de notre école les touchait émotionnellement : peur d’accorder aux enfants autant de liberté ; tristesse de prendre conscience que la contrainte subie dans sa propre scolarité n’était pas nécessaire pour apprendre ; espoir que la société puisse évoluer suite à ce changement de perspective sur l’éducation…

Nous constatons qu’il n’y a pas autant de résistances chez les jeunes ! A 4 ou 5 ans, il est encore naturel pour eux de jouer toute la journée. Et même après 10 ou 12 années de scolarité classique : des adolescent-e-s refusant catégoriquement de retourner au collège sont venus nous rencontrer avec leurs parents, un peu désemparés. Ces jeunes ont su les convaincre de les inscrire dans notre école et nulle part ailleurs.

Pour ces jeunes et pour tous les autres,
aidez-nous à pérenniser ce projet
et à témoigner que c’est possible !

Vous avez des questions ? N’hésitez pas à nous en faire part : nous sommes en train de réfléchir à la réalisation d’une vidéo résumant les réponses aux questions les plus souvent posées par les familles.

Nous proposons également un atelier : « une école démocratique, oui mais… » pour vous donner l’occasion d’approfondir votre compréhension du projet.