Un contrat de confiance entre les parents, leurs enfants et l'école


Nous sommes dans une société dans laquelle il y a une inégalité juridique entre les mineurs (jusqu'à 18 ans) et les majeurs. Les mineurs n'ont pas les mêmes droits, ils sont placés sous la responsabilité légale de leurs parents. Lorsqu'ils sont scolarisés, les parents confient leur pouvoir à l'établissement scolaire.

Le projet éducatif d'une école démocratique est basé sur le principe que l’apprentissage de la citoyenneté se fait mieux en le vivant que simplement en en parlant. L’école démocratique propose donc un environnement dans lequel il est possible pour tous, quel que soit son âge, d’exercer ses droits et responsabilités, et surtout d’avoir une influence sur leur évolution.

Les droits et responsabilités des étudiant-e-s dans cet environnement ne peuvent s’appliquer que dans la mesure où, et aussi longtemps que, leurs parents respectent leurs propres engagements vis-à-vis de l’école. L’école a en effet une autorité sur les étudiant-e-s seulement par délégation de l’autorité parentale (jusqu’à 18 ans). D’où l’importance des documents signés par les parents à l’inscription, notamment :
- les conditions générales qui établissent un contrat juridique entre eux et l’association,
- la charte d’engagement qui définit un contrat moral vis-à-vis de leurs enfants et vis-à-vis de l’équipe pédagogique.

Pour qu’ils puissent venir dans cette école, nous n’attendons pas des étudiant-e-s qu’ils soient tout de suite capables d’exercer l’ensemble de leurs droits et responsabilités : c’est ce que nous souhaitons leur permettre d’apprendre au fur et à mesure de leurs expériences, en fonction de leurs besoins.
En revanche, chaque étudiant-e s’engage aussi lors de son inscription dans l’école en signant la partie de la charte qui lui est destinée. C’est la condition de base pour que son apprentissage social soit possible dans l’école, et pour que l’équipe pédagogique puisse l’accompagner.

Sans le sentiment qu’a l’étudiant-e d’avoir fait le choix d’appartenir à cette école, il ne peut pas développer en lui la conscience de ses droits et de ses responsabilités : il continue à subir un nouveau système contrôlé par les adultes. Certes, le choix de l’étudiant-e ne peut pas être entièrement libre car des contraintes venant de ses parents ou de la société dans son ensemble s’exercent. Même s’il vient au départ pour faire plaisir à ses parents ou parce qu’il ne peut plus retourner dans une école classique, l’important est qu’il puisse se sentir l’auteur de son engagement formulé dans cette charte. On ne peut forcer personne à être libre. Pour les nouveaux et nouvelles étudiant-e-s, selon les circonstances de leur arrivée, il peut y avoir plusieurs mois pendant lesquels ils-elles hésitent entre percevoir leur participation à l’école comme un choix négatif ou un choix positif.

Un enfant qui a été le plus souvent dominé par des pouvoirs sur lesquels il ne sentait pas son influence a tendance à sortir de son attitude de soumission en commençant par de la révolte, des refus de coopérer. Le fait de pouvoir continuer à être en lien avec lui/elle et qu'il perçoive que nous gardons confiance en lui, même si nous n'admettons pas certains de ses comportements, lui permet de faire progressivement l'expérience d'un autre rapport au cadre et à l'autorité. Des avertissements ou des suspensions décidés par le Cérès peuvent être des occasions pour l’étudiant-e de renouveler sa décision d’être membre de cette école, en comprenant mieux et en acceptant explicitement les conditions qui sont énoncées par la charte.