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Comment mettre en place un échange de savoirs à l'école ?


Au départ, il y a soit :
  • une demande « J’aimerais apprendre l’anglais » - « Aide-moi à créer un jeu de rôle »
  • une offre « Je propose un atelier magie » - « Je peux te montrer comment jouer à Minecraft »

Les membres de l’équipe peuvent contribuer à la mise en place d’échanges de savoirs
  • soit en faisant une offre de savoirs sur un sujet qui les intéresse,
  • soit en répondant à la demande d’un-e étudiant-e si vous le pouvez directement,
  • soit en aidant à la mise en relation entre l’étudiant-e et une autre personne (autre étudiant, autre membre de l’équipe, intervenant-e extérieur-e).

Il s’agit de créer les conditions d’un échange satisfaisant pour les 2 parties (« offreur » et « demandeur ») avant qu’il puisse se concrétiser.

La méthodologie proposée est inspirée des Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs.
Créés initialement par Claire Héber-Suffrin dans sa classe d’école primaire, c’est devenu un mouvement international d’éducation populaire. (Livres à ce sujet dans la bibliothèque de l’association)

Principes


- Le consentement : La personne qui demande et celle qui offre des savoirs ont toutes les deux le droit que leurs besoins soient pris en considération et que leurs limites soient respectées. Elles s’engagent librement dans un échange et peuvent y mettre un terme quand il n’est plus satisfaisant. Cela suppose de sortir de la relation scolaire où l’enseignant exerce une contrainte et l’élève adopte une position soumise, passive.

- La réciprocité : Chaque personne a des savoirs et des ignorances. Tout le monde peut donc être tour à tour dans la position d’offrir et de demander. Formaliser un peu ce processus d’échanges permet de valoriser, de reconnaître des ressources dont on a pas forcément conscience. Cela conduit à lever des blocages par rapport au processus d’apprentissage :
  • en (re)découvrant ses besoins et envies d’apprendre,
  • en découvrant comment y répondre avec plaisir,
  • en découvrant qu’on peut soi-même aider d’autres personnes à apprendre,
  • en découvrant qu’on apprend aussi beaucoup en partageant ce qu’on sait.

Repères pratiques


A - Identifier les offres et les demandes :

Pour qu’un échange puisse exister, il faut d’abord repérer et formuler des offres (suscitant peut-être une envie) et des demandes (révélant peut-être le talent de qui pourrait y répondre).

1. Être attentif à ce que les étudiant-e-s expriment au quotidien, et d’apporter une reconnaissance de la légitimité de leurs désirs d’apprendre ou de partager. Parfois c’est fugace et des pensées blocantes prennent vite le dessus (je ne suis pas capable, cela n’intéressera personne, etc.)

2. Diffuser les offres et les demandes en les partageant avec d’autres membres de la communauté, en en parlant à la réunion du matin, en les notant sur des post it sur le tableau (« viens me voir »).

Même si toutes les offres et toutes les demandes ne conduisent pas à un échange, il y a de l’intérêt à en prendre conscience, pour soi-même et pour le groupe. La section du wiki pour les étudiant-e-s peut être utilisée pour élaborer un catalogue de ressources (disponible pour les nouveaux).

B - Faciliter la formulation d’accords gagnant-gagnant :

Il y a de nombreuses manières d’échanger un savoir. Comment le faire d’une manière qui soit satisfaisante pour les 2 ?

1. Questionner le sens et les modalités du projet d’échange


Demandeur – demandeuse (D)
Concrètement, que veux-tu apprendre ?
Quelles motivations as-tu pour apprendre cela ?
Pour toi, qu’est-ce qui ferait que l’échange avec O soit réussi ?
As-tu une idée de la manière dont cela pourrait se passer en pratique ?


Offreur – offreuse (O)
Concrètement, qu’est-ce que tu aimerais partager de ce que tu sais ?
Quelles sont tes motivations pour participer à un échange ?
Pour toi, qu’est-ce qui ferait que l’échange avec D soit réussi ?
As-tu une idée de la manière dont cela pourrait se passer en pratique ?


2. Formuler un accord s’il y a convergence

A partir de la discussion, on peut estimer si un projet commun est possible. On peut aussi décider de stopper le processus à ce stade pour chercher un autre partenaire d’échange.

Notre accord gagnant-gagnant sur le projet d’échange :
  • Quoi
  • Pourquoi
  • Réussi si…
  • Comment :
  • Quelle fréquence et quelle durée ?
  • Quels types de supports, d’activités, de méthodes ?
  • Quelles règles communes et engagements mutuels ?

3. Réaliser l’échange de savoirs

Dans la mise en œuvre du projet d’échange, il peut être utile :
  • de se référer à l’accord initial pour se rappeler du pourquoi et du comment de l’échange ;
  • d’être ouvert dans la relation, à l’écoute de ce qui est vécu, de ce qui émerge, en respectant le rythme de l’étudiant-e ;
  • de décider au fur et à mesure la manière de s’y prendre en vérifiant le consentement de chacun-e (pour ce qui n’a pas été prévu ou pour modifier l’accord initial si besoin) ;
  • de donner de la visibilité sur les différentes étapes et la progression suivie ;
  • si l’échange de savoirs est intégré à une activité de réalisation concrète de l’étudiant-e, de veiller à rester centré sur le processus de l’échange plutôt que sur le résultat concret ; Par ex. s’il s’agit d’organiser un voyage, l’offreur se centre sur les savoirs dont a besoin l’étudiant-e dans son projet, et pas sur la réussite de l’organisation elle-même.
  • de décider explicitement d’arrêter l’échange quand l’un-e des 2 ne veut plus continuer.

4. Faire un bilan de l’échange de savoirs

Avec l’aide d’un facilitateur si besoin, les participant-e-s à l’échange prennent un temps pour se questionner et partager sur cette expérience :
  • Qu’est-ce que je retiens de ce qui s’est passé ?
  • Quelles sont mes satisfactions et mes insatisfactions ? Mes idées pour la suite ?
  • Qu’est-ce que je voudrais te dire avant de terminer cette relation d’échange ?